Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de souhaiter la cristallisation chez le Blanc d’une culpabilité envers le passé de ma race. Je n’ai ni le droit ni le devoir d’exiger réparation pour mes ancêtres domestiqués. Il n’y a pas de mission nègre ; il n’y a pas de fardeau blanc. Vais-je demander à l’homme blanc d’aujourd’hui d’être responsable des négriers du XVIIe siècle ?
Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères. Je ne suis pas venu sur terre pour faire le bilan des valeurs nègres. Je ne suis pas venu sur terre pour faire payer au monde blanc, par mon ressentiment, le malheur fait à mes pères. Mon unique prière : ô mon coeur, fais de moi toujours un coeur qui interroge !" Frantz Fanon, conclusion de "Peau noire masques blancs".

Barak Obama est élu président des Etats-Unis
Avec Jessie Jackson, les antiracistes avaient les larmes aux yeux !
Nous revient alors en mémoire l’image de cette femme, Rosa Park, s’asseyant le 1er décembre 1955 sur une place réservée aux blancs , tandis que l’émotion nous étreint en visionnant une fois de plus les images de Luther King .... « I have a dream ! «
Ce mardi 4 novembre, le rêve à défaut de rencontrer une traduction immédiate dans le quotidien des populations noires , est porteur d’un symbole d’une portée historique sans précédent.
Aux Etats-Unis en Europe et partout dans le monde, hormis les racistes, tous sont heureux de cette victoire qui transcende les clivages ethniques.
L’explosion de joie aux USA était multicolore, et le monde entier à participé à cette émotion.
Cette victoire constitue un encouragement dans la lutte pour une réelle diversité électorale en France. (n’oublions pas, qu’en France, un noir, Gaston Monnerville aurait pu être président de la République Française).
L’élection d’Obama, comme celle de Mandela constitue une revanche sur le système barbare de l’apartheid.
Certes, nous n’oublions pas que les symboles, s’ils ont une portée politique, ne font pas toute la politique.
Les prisons américaines sont pour l’essentiel des prisons noires, de même que les couloirs de la mort, tandis que les enfants noirs en Afrique agonisent, victimes d’un libéralisme débridé.
Les démocrates américains portent aussi une large part de responsabilité dans cette situation. Obama lui-même présente un programme aux contours flous qui ne rassure pas politiquement, socialement et sur le plan international.
Mais les interpellations politiques légitimes n’ont rien à voir avec les commentaires de type raciste.
L’action à peine terminée, le site des "indigènes de la république" publie ceci :
"Obama, c’est notre triste revanche sur l’histoire. J’ai pitié de nous. Voyez comment Ils, les Blancs, nous regardent d’un œil satisfait et sarcastique !" (voir ici ...)
D’après les indigènes cette victoire si elle constitue une revanche sur l’apartheid pour les noirs, est aussi perçue comme une victoire du blanc "sarcastique" tout heureux de manipuler et d’intégrer l’indigène à son système de domination.
Dans les images de liesse transcendant les clivages ethniques aux USA, dans la joie plurielle en France, les indigènes introduisent un tri racial entre le noir et le "blanc "manipulateur et machiavélique.
Note monde est dans les larmes de Jessie Jackson, pas dans ce néo-racisme, fut-il indigène !.