Je n’ai pas le droit, moi homme de couleur, de souhaiter la cristallisation chez le Blanc d’une culpabilité envers le passé de ma race. Je n’ai ni le droit ni le devoir d’exiger réparation pour mes ancêtres domestiqués. Il n’y a pas de mission nègre ; il n’y a pas de fardeau blanc. Vais-je demander à l’homme blanc d’aujourd’hui d’être responsable des négriers du XVIIe siècle ?
Je ne suis pas esclave de l’esclavage qui déshumanisa mes pères. Je ne suis pas venu sur terre pour faire le bilan des valeurs nègres. Je ne suis pas venu sur terre pour faire payer au monde blanc, par mon ressentiment, le malheur fait à mes pères. Mon unique prière : ô mon coeur, fais de moi toujours un coeur qui interroge !" Frantz Fanon, conclusion de "Peau noire masques blancs".
Dans un communiqué en date du 17 septembre 2008, le MRAP national annonce avoir saisi la Halde, jugeant que le refus d’un couvre-chef musulman dans une auto-école, constituait « une atteinte inacceptable à la dignité humaine ».
La fédération des Landes
La discrimination suppose un traitement inégal et défavorable appliqué à des individus en fonction de critères définis précisément par le code pénal.
Dans le cas d’espèce, un règlement intérieur comportait une règle générale s’appliquant à tous les couvre-chefs. De plus ce règlement intérieur ne semble pas avoir été utilisé de façon circonstanciée à l’encontre des seuls musulmans..
Dès lors la revendication, au nom de la lutte contre les discriminations, d’un statut spécial pour les musulmanes les autorisant à porter leur couvre-chef dans l’auto-école reviendrait à introduire une inégalité entre les clients. Les porteurs de couvre-chefs autres que musulmans se verraient appliquer la règle commune alors que les musulmans seraient exemptés de cette règle. Il y aurait donc pour les porteurs de couvre-chefs autres que musulmans une discrimination pour non-appartenance à la religion concernée..
Un statut spécial pour l’islam et ses signes religieux romprait avec les fondamentaux de la lutte contre les discriminations qui exigent une égalité de traitement entre les individus.